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Rapport de la Banque Mondiale sur le Climat 2012 : Synthèse

Résumé du rapport

L'institution fait le point, cinq ans après le dernier rapport du GIEC, sur l'évolution probable du climat et les conséquences du réchauffement climatique sur les écosystèmes et sur la société. Conclusion : il est urgent d'agir car au rythme où nous allons, le réchauffement pourrait dépasser 4°C avant la fin du siècle. Les conséquences seraient catastrophiques. Dès le seuil des 2°C les conséquences seraient dangereuses. Résumé analytique et thématique.

Préface du président de la Banque Mondiale

« Ce rapport décrit ce que sera le monde si le réchauffement climatique atteint 4 °C, et selon les prévisions quasi unanimes des scientifiques c'est ce qui se produira avant la fin du siècle en l'absence d'un changement drastique de politique.
Les scénarios d'élévation de 4 °C de la température sont accablants : inondation des villes côtières, menaces sur la production alimentaire menant à une hausse des taux de sous-alimentation et de malnutrition ; désertification accrue des régions sèches, humidification accrue des régions humides ; vagues de chaleur sans précédent dans de nombreuses régions, en particulier sous les tropiques ; aggravation substantielle de la pénurie d'eau dans de nombreuses régions, augmentation de la fréquence des cyclones tropicaux de grande intensité ; perte irréversible de biodiversité, avec notamment la disparition des récifs coralliens. »


Dr. Jim Yong Kim, Président de la Banque Mondiale, préface.

Les engagements volontaires actuels sur la limitation des émissions aboutiront très probablement à un réchauffement de 3,5 à 4 °C. « Plus ces promesses tardent à être tenues, plus une élévation de 4 °C de la température parait probable ».

 Si le réchauffement atteint 4 °C, le monde que nous connaissons serait radicalement différent de celui d'aujourd'hui. Pour la santé et le bien-être des populations, il est « vital » de renforcer les politiques actuelles de lutte contre les changements climatiques, conclut le président de la Banque Mondiale. Cela est possible grâce à une gestion plus intelligente de l'énergie et des ressources naturelles, comme l'ont montré les travaux de la Banque Mondiale. Elle permettrait de réduire les émissions sans freiner la croissance économique ou la lutte contre la pauvreté.

Points principaux

Réchauffement et tendance

  • Même dans le cas d'une réalisation totale des engagements actuels, le risque d'un réchauffement de 4 °C d'ici 2010 est de 20 %. Celui-ci dépassera très probablement de manière nette le niveau de 2 °C admis par la communauté internationale comme un seuil à ne pas dépasser
  • Si les promesses ne sont pas tenues une élévation de 4 °C pourrait intervenir dès 2060.
  • Selon la tendance actuelle il est plausible que le réchauffement soit de 4 °C avant la fin du siècle. Ce n'est pas fini : la température monterait à +6 °C par la suite

Niveau des mers

  • Un réchauffement de 4 °C d'ici 2010 correspondrait à une hausse du niveau des mers moyen de 0,5 à 1 m. Le niveau de mers monterait de plusieurs mètres par la suite.
  • La montée du niveau de la mer ne sera pas partout la même et sera 15 à 20 % supérieurs à la moyenne mondiale dans les régions tropicales.

une hausse de 4 °C entrainerait une montée des mers de 0,5 à 1 m d’ici 2100 et de plusieurs mètres au cours des siècles suivants

 Événements extrêmes

  • Aucun pays ne sera à l'abri des conséquences. Le monde a connu une série d'événements extrêmes qui souligne la vulnérabilité des pays en développement mais aussi des pays riches et industrialisés.
  • A +4 °C, le monde connaitra des vagues de chaleur sans précédent, de graves sécheresses et d'importantes inondations qui auront de sérieuses répercutions sur les écosystèmes et les services écosystémiques, notamment l'agriculture et la pêche.
  • Les extrêmes de températures dans les régions subtropicales et tropicales seront sans précédent et auront des effets considérables sur l'agriculture et les écosystèmes. Il faut s'attendre à une désertification et à une augmentation substantielle de la sécheresse.

Conséquences

  • Toutes les régions seront touchées, mais les régions les plus pauvres seront davantage affectées : non seulement parce qu'elles ont moins de possibilités d'adaptation, mais aussi parce qu'elles sont souvent situées dans les latitudes tropicales. Dans ces régions le réchauffement sera moindre en valeur absolue, mais plus important relativement au seuil de tolérance des écosystèmes naturels et humains.
  • L'ampleur des conséquences sera liée aux décisions que prendront les gouvernements, le secteur privé et la société civile.
  • Il n'est pas certain qu'une adaptation à +4 °C soit possible. Des effets de seuil importants apparaitront dès +2 °C et les risques croitront de manière non linéaire à partir de là. A +4 °C, les villes et les pays connaitront de fortes perturbations et des bouleversements.
  • C'est pourquoi un tel scénario (+4°C), qui se produira si l'on suit la tendance actuelle, ne doit pas se réaliser. Seule une action précoce, coopérative et internationale permettra de l'éviter.

Thèmes

Échelle de comparaison des changements de température

  • L'élévation actuelle de 0,8 °C peut sembler négligeable pour le profane. Mais de nombreuses conséquences sont déjà observées. Une élévation à 2 °C posera des problèmes plus aigus encore.
  • Une augmentation moyenne de 4 °C représente un écart proche de celui observé entre les températures actuelles et celles observées lors de la dernière glaciation (-4,5 à -7 °C), alors qu'une bonne part de l'Europe centrale et du nord des États-Unis étaient couverts par des kilomètres de glace.
  • Le réchauffement actuel se déroulera sur un siècle, ce qui rendra l'adaptation naturelle et humaine très difficile. Il faut savoir que les évolutions climatiques naturelles se sont étalées – hors cataclysme global – sur plusieurs millénaires, ce qui a rendu l'adaptation possible. Note du rédacteur : en effet un changement lent permet aux espèces et aux écosystèmes de s'adapter (mais au prix de la mort de nombreux individus). Lors d'un changement rapide les espèces elles-mêmes disparaissent (ou sont remplacés) et l'équilibre de l'écosystème est rompu. Même principe pour les infrastructures et le système productif humain, qui auront du mal à s'adapter à un changement brusque, ce qui aura des conséquences sociales importantes.

Niveau des mers

  • La fonte des calottes de glace du Groenland et de l'Antarctique ouest s'accélère. Son effet s'ajoute à l'élévation provoquée par la dilatation des océans. +4 °C entrainerait une montée de 0,5 à 1 m d'ici 2100 et de plusieurs mètres au cours des siècles suivants, contre 20 cm en 2100 si le réchauffement est de 2 °C. Dans ce dernier cas le niveau continuerait à monter après 2100 jusqu'à 1,5 à 4 mètres en 2300 (cela est à prendre en compte pour l'urbanisme). Pour maintenir la hausse totale en dessous de 2 m, il faut que le réchauffement soit inférieur à 1,5 °C.
  • L'élévation des mers variera selon les régions. Elle sera plus forte aux latitudes basses (+20 % sous les tropiques), et plus faible aux latitudes hautes.
  • Les villes les plus exposées se trouvent au Mozambique, à Madagascar, au Venezuela, en Inde, au Bangladesh, en Indonésie, aux Philippines et au Vietnam.
  • Dans les petits États insulaires la montée des eaux pourra avoir des conséquences très graves, qui s'ajouteront à l'accroissement de l'intensité des cyclones tropicaux et à la disparition des barrières de corail due à l'acidification des océans.
  • La montée du niveau des mers entrainera une augmentation de la pénétration d'eau de mer dans les aquifères utilisés pour l'irrigation des cultures dans les régions des deltas, comme par exemple au Bangladesh, en Égypte, au Vietnam ou dans certaines régions d'Afrique.

Événements extrêmes : vagues de chaleur, sécheresses, inondations, cyclones

  • Au cours de la dernière décennie le monde a connu un nombre exceptionnel de vagues de chaleur. Hors changement climatique, de telles vagues auraient dû être espacées de plusieurs centaines d'années. La vague de chaleur en Russie de 2010 a eu de sévères répercussions : 55 000 décès, perte de 25 % des récoltes, destruction de 1 million d'hectares de forêt, perte de 15 milliards de dollars soit 1 % du PIB.
  • La surface des régions frappées par la sécheresse a augmenté. La sécheresse de 2012 aux États unis a eu un impact sur 80 % des terres agricoles.
  • L'impact d'un réchauffement à +4 °C sera inégalement réparti et ne serait pas une simple extension des effets de +2 °C.
  • Augmentation de 6 °C les mois d'été dans les zones méditerranéennes, d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient ou aux États-Unis.
  • Augmentation spectaculaire de l'intensité et de la fréquence des vagues de chaleur. Les vagues récentes deviendraient la norme estivale. En région tropicale, les mois frais seront plus chauds que les mois les plus chauds actuels. En région subtropicale et en climat de type méditerranéen, la plupart des mois d'été seront probablement plus chauds que les vagues de chaleur récentes.
  • Ces vagues de chaleur auront de lourdes conséquences et devraient excéder les capacités d'adaptation de nombreuses sociétés et écosystèmes. Les extrêmes diminueront les capacités de la production agricole.
  • Augmentation du nombre d'inondations et de sécheresses à un niveau bien supérieur pour un réchauffement de 4 °C que pour un réchauffement de 2 °C.

Acidité des océans

  • Un réchauffement de 4 °C correspondrait à une concentration de CO2 de 800 ppm et à une augmentation de l'acidité des océans de 150 %. Ce serait une première dans l'histoire de la Terre. Les conséquences renforceraient les impacts négatifs de la surpêche et de la destruction des habitats naturels.
  • Cette acidité, bien avant un réchauffement de +4 °C, pourra faire disparaitre de nombreux systèmes coralliens. Ces récifs ont plusieurs utilités : ils protègent les côtes, notamment celles des iles basses menacées par l'élévation du niveau des mers. Ils assurent un abri pour de nombreux poissons, notamment lors des périodes de reproduction. Leur disparition aura de lourdes conséquences pour les écosystèmes ainsi que pour les populations vivant du tourisme.

Eau

  • Effets très négatifs sur la disponibilité en eau dans les régions qui sont déjà confrontées à un stress hydrique : sud de l'Europe, parties importantes d'Amérique du Nord et du Sud, sud de l'Australie.
  • Conditions plus humides dans les hautes latitudes nord (nord de l'Amérique du Nord, nord de l'Europe, Sibérie, certaines régions exposées à la mousson).
  • Une modification même minime des moyennes annuelles perturbera le cycle hydrologique (inondation ou sécheresse). Avec une augmentation de 2 °C les bassins du Danube, du Mississippi, de l'Amazone et du Murray Darling devraient voir leur débit moyen baisser de 20 à 40 %, et augmenter de 20 % pour le Nil et le Gange. Prévisions doublées pour un réchauffement de 4 °C. Les modifications des débits saisonniers du Nil et le Gange pourraient avoir des effets perturbateurs.

Écosystèmes

  • Risques aggravés d'incendie de forêt. En Amazonie, le nombre des feux de forêt pourrait doubler d'ici 2050 pour un réchauffement de 2 °C, avec aggravation si +4 °C.
  • Forte menace pour la biodiversité. Les écosystèmes connaitront des conditions sans précédent dans l'expérience humaine. Les dommages subits réduiront fortement la disponibilité des services écosystémiques dont dépend la société.

Production agricole

  • La production de maïs et de blé a connu une réduction significative par rapport à ce qui aurait été en l'absence de changement climatique.
  • Le maintien de la production agroalimentaire à un niveau adapté à la démographie sera un véritable défi. Le GIEC prévoyait que dans certaines régions la production alimentaire pouvait commencer par augmenter avant de baisser, mais les publications plus récentes sont beaucoup moins optimistes. Elles suggèrent une augmentation rapide du risque de réduction de la production avec la hausse des températures. En cas de hausse de 4 °C globale, la sécurité alimentaire du monde serait remise en cause.
  • Les inondations, la hausse du niveau de la mer et les sécheresses auront un impact sur la production agricole.

En cas de hausse de 4 °C globale, la sécurité alimentaire du monde serait remise en cause

Effet sur la santé

  • Les inondations peuvent entraîner des déficits nutritionnels par leur impact sur l'agriculture, mais aussi du fait de l'introduction d'éléments pathogènes et de polluants dans l'eau potable.
  • La baisse de la production agricole pourra aggraver la malnutrition dans les pays en développement qui connaissent déjà ces difficultés, et rendre plus difficile la lutte contre ces phénomènes.
  • Les changements de température, de précipitation et d'humidité influent sur les maladies virales telles que le paludisme ou la dingue.
  • Les phénomènes de smog pourraient s'amplifier du fait de la chaleur, entrainant une augmentation des problèmes respiratoires et cardio-vasculaires

Effet de seuil au-delà de 2 °C

  • À l'approche de 2 °C et au-delà , des effets de seuil pourront entrainer un basculement non linéaire du système terrestre avec des conséquences brutales :
    - Désintégration de la calotte glaciaire de l'Antarctique occidentale qui pourrait provoquer une élévation supérieure à ce qui est attendu.
    - Dépérissement à grande échelle de la forêt amazonienne qui pourrait affecter radicalement les écosystèmes,l'agriculture et la production énergétique, et contribuerait à augmenter davantage le réchauffement (par émission massive du carbone stocké dans la forêt).
  • Certains secteurs économiques, en particulier l'agriculture, pourraient réagir de manière non linéaire à partir du niveau de 2 °C.

Économie et société : effets systémiques

  • On peut déjà affirmer que la hausse des températures a freiné la croissance des pays en développement
  • Les coûts économiques pourraient être plus sévères que prévu jusqu'alors parce que les études existantes ne tiennent pas compte de l'interdépendance de l'économie mondiale. Des perturbations dans une région peuvent avoir des conséquences au niveau mondial sur le système de production.
  • Des effets en cascade pourraient se faire sentir : par exemple une baisse de la production agricole associée à des tensions sur l'eau, parallèlement à des conséquences sur la santé, aura des conséquences sur les moyens de subsistance, la santé et l'économie.
  • En s'approchant de la barre des 4 °C de fortes tensions sociales risquent d'atteindre un point critique. Certaines des institutions qui devraient aider à l'adaptation pourraient s'écrouler. La dislocation des systèmes de santé pourrait être inévitable dans certains cas.
  • Il n'est pas certain qu'une adaptation à une hausse de 4 °C soit possible. Il est probable que les populations, les villes et les pays connaissent de graves perturbations, voire des bouleversements. Les pauvres souffriront d'avantages et les inégalités s'accroitront. Seule une action précoce, coopérative et internationale permettrait d'éviter un tel scénario.
  • nous n'avons aucune certitude qu'une adaptation à une planète +4 °C est possible. Avec une telle hausse de la température, il faut s'attendre à ce que les populations, les villes et les pays connaissent de graves perturbations, des dommages et des bouleversements

Il n’est pas certain qu’une adaptation à une hausse de 4 °C soit possible

 

 

 

 

 

 

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