Accueil Climat Climatosceptiques Objection : Si un consensus existe, cela n'est pas sain. Un débat est nécessaire

Objection : Si un consensus existe, cela n'est pas sain. Un débat est nécessaire

« L’existence même d’un consensus prouve que quelque chose ne colle pas. Cela prouve qu’il doit y avoir des pressions, voir un complot organisé, avec la complicité des « fonctionnaires socialistes de l’ONU » qui veulent imposer un gouvernement mondial (sic : c’est le discours porté par de nombreux climatosceptiques outre-Atlantique). Il faut qu’il y ait un débat sur le sujet »

 

Réponse : de deux choses l’une. Soit il y a un consensus en faveur du réchauffement, ce qui prouve qu’il n’y a pas réchauffement car le consensus est louche. Soit il n’y a pas de consensus, et alors les connaissances sont trop incertaines pour agir. Ainsi dans tous les cas pour les climatosceptiques, il ne faut rien faire. C’est justement le but recherché !

On ne pourra jamais réfuter une théorie du complot. Celle-ci se caractérise par un scepticisme irrationnel que rien ne peut ébranler, pas même les faits les plus évidents, et par la désignation d’un ennemi invisible.

Les sciences de la nature ne fonctionnent pas comme la politique ou la philosophie et reposent sur des données chiffrables, contrairement aux sciences humaines. C’est pourquoi il est possible de démontrer une thèse de manière irréfutable. De plus les sciences de la nature reposent sur des phénomènes naturels reproductibles et déterministes, contrairement aux sciences humaines, qui portent sur un comportement humain dont une bonne part restera probablement toujours imprévisible. C’est pourquoi dans les sciences de la nature, les prévisions chiffrées et les expériences reproductibles dont le but est de réfuter ou de valider une théorie, permettent de parvenir à des consensus solides lorsque les vérifications vont toutes dans le même sens.

La science a toujours procédé ainsi depuis l’avènement de la science moderne au XVIIe. Celle-ci a été incroyablement riche en découvertes et ses connaissances ont une fiabilité remarquable. Même les « révolutions » de la théorie relativiste ou de la physique quantique n’ont pas ébranlé la théorie de Newton, qui reste valable pour un grand nombre de cas. Elles n’ont pas remis en cause l’essentiel des lois physiques et des prédictions chiffrées de la physique galiléenne et newtonienne, sauf dans certaines configurations précises. De plus les découvertes de ces nouvelles physiques se sont faites à partir des zones reconnues comme obscures et incertaines par l’ensemble de la communauté scientifique, et à l’aide des travaux de l’ensemble de la communauté. Il n’y pas eu de scientifiques isolés seuls contre tous. Au contraire, les scientifiques qui ont permis les dernières grandes découvertes ont travaillé sur ces zones qui étaient déjà reconnues par tous comme problématiques. Galilée lui-même a été bien reçu par la communauté scientifique de ses contemporains, avec qui il échangeait régulièrement, et a suscité rapidement un grand intérêt de leur part. C’est pour des raisons politiques qui n’avaient rien à voir avec la science qu’il a été condamné, probablement sur fond de rivalité entre les luthériens qui exigeaient un procès, et l’église romaine qui l’a engagé pour apaiser les tensions.

Ainsi le consensus scientifique basé sur la communauté internationale des scientifiques, établi conformément à ses règles de fonctionnement (publications avec comité de lecture, vérification et dialogue avec les pairs) est une excellente garantie de validité pour les sciences de la nature. Cela a très bien fonctionné depuis que la science moderne existe.

 

Les sciences humaines et la politique ont besoin de débats publics parce qu’ils laissent une large part à l’interprétation. Mais les sciences de la nature ne se prêtent pas à ces débats publics, car ils font appel à des connaissances très spécialisées qui peuvent facilement être détournées devant un public non spécialiste. Le débat existe, mais au sein des revues scientifiques à comité de lecture.

Pour autant, il est possible d’exposer au public les arguments et les contre arguments, dans la mesure où ils reposent sur une logique qui, commune à tous, est compréhensible par tous. C’est ce que nous tentons de faire ici.

Lorsqu’une logique d’argumentation est solide et s’appuie sur des faits vérifiés et revérifiés mille fois par de très nombreux chercheurs ou étudiants dans le monde entier, il n’y a guère lieu de douter des points qui font consensus. Bien sûr il est conseillé à chacun, selon le temps dont il dispose, de suivre soi-même la démarche logique de l'argumentation.

Mais il est normal que ces éléments fassent l’objet des consensus lorsqu’ils sont établis, ce qui permet de porter les recherches sur d’autres points et de progresser. C’est la marche normale de la science.

 

Pour aller plus loin

Il existe aujourd’hui un consensus sur la solidité de la mécanique newtonienne, de la théorie relativiste ou de la mécanique quantique. Ainsi qu’un consensus sur leurs zones d’ombre, leurs limites ou leur domaine de validité. C’est la même chose en ce qui concerne la science du climat : il y a accord sur les zones considérées comme incertaines et accord sur ce qui est considéré comme solide. Le réchauffement global, le rôle du CO2 anthropique et le danger que cela représente font partie de la zone solide.

Le rôle des organisations payées par certaines entreprises qui se sentent menacées par ces apports scientifiques est de faire croire qu’il n’y a pas de consensus. Ils se servent d'une confusion que certains peuvent faire entre les débats légitimes portant sur les sciences humaines et les débats tenus entre sceintifiques concernant les sciences de la nature. Ils abusent d'un principe d’impartialité des médias, qui voudrait que ces derniers donnent un temps de parole égal aux deux points de vue. Mais cela fausse considérablement le débat, car seul 1 % des scientifiques qui s'occupent du climat remettent en cause le réchauffement climatique. Or les climatosceptiques font croire aux médias qu’ils doivent leur attribuer 50 % du temps de parole, ou un encadré pour donner lieu à une « antithèse » dans leurs articles. Mais cette parole leur est donnée en l’absence de tout processus de vérification factuelle.

Par ailleurs le principe de l’antithèse n’est pas de dire n’importe quoi pour contredire une thèse. Ce serait là faire une bien mauvaise interprétation. L’anthèse doit être aussi rigoureuse que la thèse, sinon, elle ne signifie rien. Et elle ne consiste pas non plus à dire l’exact contraire de la thèse : elle peut consister à donner des nuances. Il est dommage que de nombreuses personnes en soient restées à cette caricature très répandue, issue d’exercices scolaires mal compris.

L’absence de vérification est évidente à voir la manière dont Claude Allègre est intervenu dans les radios et les télévisions : il a refusé à chaque fois d’être confronté sur un plateau avec d’autres scientifiques (faiblesse des médias, qui ont accepté ces conditions parce qu’il faisait de l’audience), et les affirmations totalement farfelues qu’il tenait ne pouvaient pas être réfutées par les journalistes qui l’interrogeait, soient qu'ils soient trop timides ou sans culture scientifique suffisante, soient qu'ils soient carrément flagorneurs, comme lors de l’interview hors plateau que Guillaume Durand a faite de Claude Allègre, au sein d’une émission qui se déroulait pourtant sur plateau.

Il était invité dans certaines émissions en principe pour équilibrer un prétendu débat. Mais cela n’avait rien à voir avec un débat scientifique : d’un coté, on trouvait un discours démagogique utilisant des arguments soigneusement affutés outre-Atlantique et un refus d’être confronté à d’autres personnes que des journalistes, de l’autre, on pouvait voir le discours rigoureux de la science, dont le débat se déroule dans les revues à comité de lecture, ce qui est plus long et se situe donc en dehors du temps médiatique.

 

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