Accueil Climat Climatosceptiques Objection : Le GIEC a voulu en 2001 effacer l'optimum climatique du moyen-âge, avec la complicité de Michael Mann et de sa « crosse de hockey »

Objection : Le GIEC a voulu en 2001 effacer l'optimum climatique du moyen-âge, avec la complicité de Michael Mann et de sa « crosse de hockey »

Réponse : les négateurs du réchauffement prétendent que Michael Mann a volontairement effacé ce qu'ils appellent « l'optimum climatique » du moyen-âge. Cette période relativement chaude apparait pourtant bel et bien dans son tracé (figure 1).

Les moyennes annuelles montrent un dépassement sensible de la moyenne 1961-1990 pendant plusieurs années vers 1150, 1200 et 1350. La moyenne glissante sur 40 ans reste par contre légèrement en dessous même en 1150. Par contre l'espace d'incertitude en grisé montre clairement que ce dépassement a pu aller jusqu'à +0,5 °C.

 

Ce graphique montre surtout que les températures dans les dernières décennies du XXe et dans la première décennie du XXIe sont supérieures à toutes les températures au moins depuis un millénaire.

crosse-hockey-IPCC-2001Figure 1 : la courbe en « crosse de hockey », reproduite dans le GIEC 2001, est la première reconstitution des températures annuelles portant sur un millier d’années. Elle montre que les températures des dernières décennies du XXe sont les plus élevées du millénaire. Elle repose sur de nombreuses données indirectes (cernes des arbres, carottes de glaces, sédiments…) réparties dans l’hémisphère nord, et sur un traitement élaboré des données pour en extraire le «bruit». Contrairement à ce que disent les climatosceptiques, les données sources et les algorithmes de traitement sont publics depuis longtemps. De nombreux scientifiques ont validé cette reconstitution, ainsi que l’académie des sciences américaine. Bien d’autres reconstitutions confirment depuis la validité de cette courbe.
Elle a pourtant déclenché une tempête chez les climatosceptiques, qui y voyaient là la «preuve à abattre», alors même que la thèse du réchauffement repose sur d'autres arguments. Il s'agit là d'une corrélation qui confirme, pas d'une preuve.
Source : IPCC 2001 WG 1, §2 134

Les climatosceptiques vont alors déclencher une véritable guerre contre Michael Mann et ses coauteurs.

Ils prétendent que le rapport du GIEC 2007 n'a pas repris cette courbe car « la falsification y est trop voyante ». C'est pourtant le contraire : le GIEC a réemployé cette courbe et en ajouté d'autres, qui donnent toute la même tendance. Deux d'entre elles montrent des températures un peu plus élevées, mais aucune ne montre une température plus forte que la période 1990-2010 (figure2)

reconstitution-temperatures-h-nordFigure 2 : variations autour de la courbe en crosse de hockey. Le rapport du GIEC 2007 publie à nouveau la courbe de Mann (MBH 1999) au milieu d’autres courbes. Car depuis la courbe de 1999, d’autres équipes scientifiques ont travaillé sur des reconstitutions. Elles donnent le même type de courbe.
Source : GIEC 2007, WGI

Pour affirmer que Mann a effacé « l'optimum du moyen-âge », les climatosceptiques se basent souvent sur la reconstitution publiée par le GIEC en 1990. Il s'agit de la courbe que Lamb avait publiée en 1965. Ils y voient la preuve que le moyen-âge fut plus chaud qu'aujourd'hui. Mais en réalité cette courbe est largement dépassée et ne concerne que le centre de l'Angleterre et a été faite à partir de données approximatives. Lamb a fait un travail remarquable pour l'époque, mais il portait sur des données fragmentaires. Son but n'était pas d'établir ou non le réchauffement global commencé en 1975 !

Mais surtout, sa courbe n'allait que jusqu'aux années cinquante... c'est-à-dire avant le réchauffement de la fin du XXe. Pas étonnant qu'elle ne montre pas la même chose !

reconstitution-lambFigure 3 : la courbe de Lamb (1965), publiée dans le premier rapport du GIEC (1990), indique un moyen-âge plus chaud qu’aujourd’hui, c'est pourquoi c’est la courbe préférée des climatosceptiques qui la présente souvent comme «la» courbe de référence.
Cependant elle est obsolète puisqu'elle remonte à 1965 à une époque où les reconstitutions étaient balbutiantes. Et surtout, elle ne concerne que le centre de l’Angleterre ! De plus elle ne va que jusqu’en 1950, avant le début du réchauffement anthropique.

Si le GIEC l'a publié en1990, c'est parce que c'était la seule dont il disposait. Cela ne l'a pas empêché de conclure à un réchauffement anthropique car en réalité, les arguments en faveur de cette thèse ne reposent pas sur cette courbe !

Si les climatosceptiques en ont fait une icône, c'est parce que c'est une image facile à présenter.

Par ailleurs l'« optimum » mesuré concerne l'hémisphère nord. Les climatologues manquent de mesures sur l'hémisphère sud. On ne peut pas dire qu'il s'agit d'un « optimum » pour la terre entière, c'est pourquoi les climatologues préfèrent parler de « l'anomalie du moyen-âge ».

 

Retour à la liste complète des objections climatosceptiques et des réponses.

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Le GIEC a voulu en 2001 effacer l’optimum climatique du moyen-âge, avec la complicité de Michael Mann et de sa « crosse de hockey »

Les négateurs du réchauffement prétendent que Michael Mann a volontairement effacé ce qu’ils appellent « l’optimum climatique » du moyen-âge. Cette période relativement chaude apparait pourtant bel et bien dans son tracé (figure 1). Les moyennes annuelles montrent un dépassement sensible de la moyenne 1961-1990 pendant plusieurs années vers 1150, 1200 et 1350. La moyenne glissante sur 40 ans reste par contre légèrement en dessous même en 1150. Par contre l’espace d’incertitude en grisé montre clairement que ce dépassement a pu aller jusqu’à +0,5 °C.

Ce graphique montre surtout que les températures dans les dernières décennies du XXe et dans la première décennie du XXIe sont supérieures à toutes les températures au moins depuis un millénaire.

 

 

Figure 1 : la courbe en « crosse de hockey » est la première reconstitution des températures annuelles portant sur un millier d’années. Elle montre que les températures des dernières décennies du XXe sont plus élevées que les températures depuis un millénaire. Elle repose sur de nombreuses données indirectes (cernes des arbres, carottes de glaces, sédiments…) réparties dans l’hémisphère nord, et sur un traitement spécifique des données. Contrairement à ce que disent les climatosceptiques, les données sources ainsi que l’algorithme de traitement est public depuis longtemps. De nombreux scientifiques ont validé depuis cette reconstitution, de même que l’académie des sciences américaine. Depuis, d’autres reconstitutions ont été faites qui confirment la validité de cette courbe. (d’après IPCC 2001 WG 1, §2 134)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les climatosceptiques vont alors déclencher une véritable guerre contre Michael Mann et ses coauteurs.

Ils prétendent que le rapport du GIEC 2007 n’a pas repris cette courbe car « la falsification y est trop voyante ». C’est pourtant le contraire : le GIEC a réemployé cette courbe et en ajouté d’autres, qui donnent toute la même tendance. Deux d’entre elles montrent des températures un peu plus élevées, mais aucune ne montre une température plus forte que la période 1990-2010 (figure2)

 

Figure 2 : variations autour de la courbe en crosse de hockey. Le rapport du GIEC 2007 publie à nouveau la courbe de Mann (MBH 1999) au milieu d’autres courbes. Car depuis la courbe de 1999, d’autres équipes scientifiques ont travaillé sur des reconstitutions. Elles donnent le même type de courbe. (GIEC 2007, WGI)

 

 

 

 

 

Pour affirmer que Mann a effacé « l’optimum du moyen-âge », les climatosceptiques se basent souvent sur la reconstitution publiée par le GIEC en 1990. Il s’agit de la courbe que Lamb avait publiée en 1965. Ils y voient la preuve que le moyen-âge fut plus chaud qu’aujourd’hui. Mais en réalité cette courbe est largement dépassée et ne concerne que le centre de l’Angleterre et a été faite à partir de données approximatives. Lamb a fait un travail remarquable pour l’époque, mais il portait sur des données fragmentaires. Son but n’était pas d’établir ou non le réchauffement global commencé en 1975 !

Mais surtout, sa courbe n’allait que jusqu’aux années cinquante… c’est-à-dire avant le réchauffement de la fin du XXe. Pas étonnant qu’elle ne montre pas la même chose !

 

 

Figure 3 : la courbe de Lamb (1965), publiée dans le premier rapport du GIEC (1990), montre apparemment un moyen-âge plus chaud qu’aujourd’hui. De fait, c’est la courbe préférée des climatosceptiques. Cependant elle est largement obsolète, ne concerne que le centre de l’Angleterre, et ne porte que jusqu’en 1950… c’est-à-dire avant le réchauffement anthropique. Un argument pas vraiment sérieux.

 

 

 

 

 

 


Si le GIEC l’a publié en1990, c’est parce que c’était la seule dont il disposait. Cela ne l’a pas empêché de conclure à un réchauffement anthropique car en réalité, les arguments en faveur de cette thèse ne reposent pas sur cette courbe !

Si les climatosceptiques en ont fait une icône, c’est parce que c’est une image facile à présenter.

Par ailleurs l’« optimum » mesuré concerne l’hémisphère nord. Les climatologues manquent de mesures sur l’hémisphère sud. On ne peut pas dire qu’il s’agit d’un « optimum » pour la terre entière, c’est pourquoi les climatologues préfèrent parler de « l’anomalie du moyen-âge ». .


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